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20
oct 2014
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poèmes

 

 

Le poème à deux sous

 

Un poète affamé survivait de son art

En vendant des bouquets de vers bien ciselés,

Mais les badauds incultes le fuyaient du regard,

Le prenant pour un sot, un homme dérangé.

 

Dans la rue il criait, qui veut mes jolis mots ?

Je vous vends pour deux sous mon plus joli quatrain,

Pour cinq sous, je vous donne aussi ce très beau lot,

Douze couplets fleuris et mon plus beau refrain.

 

Donnez-moi s’il vous plaît deux sous et je vous fais

Le plus grand compliment pour celle tant aimée,

Celle que vous chérissez mais qui pourtant se tait,

Car elle attend de vous des mots mieux assemblés.

 

Dites-moi vos tourments et je vous trousserai,

Ce billet qui pourra ouvrir enfin  le cœur

De la  belle espérée, celle qui aimerait

Vous entendre chanter l’attente du bonheur.

 

Mais le marchand de vers ne vendait pas souvent.

Epuisé, il mourut au bord d’un caniveau,

Dans ses doigts il serrait cette rime testament :

Qu’on jette ce dernier vers par-dessus mon tombeau.

 

Trop rêvé de printemps

 

Trop rêvé de printemps et trop rêvé d’étés,

Trop pensé à demain, trop vécu d’espérance

Trop confié au destin des désirs refoulés

Refuser le futur comme part de la chance.

 

Ne vivre que d’instants empruntés au hasard

Ne plus compter sur rien, ne plus échafauder

Vivre à coté de soi, comme un autre regard

Posé sur quelqu’un d’autre, vivre sans exister.

 

Se donner l’illusion de remplir tout ce vide,

Faire semblant d’écouter sans jamais rien entendre,

Échanger des propos, des phrases insipides,

En toujours dans la bouche ce curieux goût de cendre.

 

Trop subi de souffrances, trop vécu de ruptures,

Trop encaissé de coups, bien  trop vite oubliés,

Le cœur trop fatigué par autant de blessures

Et le corps trop fourbu de coups immérités

 

Rien ne compte aujourd’hui, ni l’envie, ni l’ennui,

Plus rien n’a d’importance, tout n’est que vanité

Le temps s’est arrêté au-dessus de la vie

Le temps n’a plus de sens, plus de réalité.

 

Survivre en se disant que tout n’est qu’apparence,

Figure de marionnette, épouvantail usé,

Jouet de l’illusion,  inutile existence,

Le corps devient trop lourd, trop rompu, trop broyé.

 

Trop rêvé de saison, et trop aimer l’espoir,

Trop cru en la parole, trop saoulé de promesses,

Ne plus croire en personne, et refuser de voir

Que le monde  n’est pas qu’un grand champ de détresse.

 

 

 

Songes sur l’Agora

 

Sur l’Agora déserte, je me suis endormi,

Mes rêves ont rencontré, Alcibiade  éploré,

Replié sur lui-même, éphèbe aux yeux rougis,

Il pleurait pour son maître, le sage empoisonné.

 

Des parfums de tristesse flottaient dans l’air d’été,

Les lys étaient couverts des gouttes de son sang,

Dans la nuit les grands ifs avaient le doigt pointé,

Vers l’Olympe insouciant, vers les dieux ignorants.

 

Oh Zeus! Dis-moi pourquoi, tu as abandonné,

La ville qui t’honore, celle qui t’a servi,

Celle à qui tu donnas ton enfant préféré,

Athéna, beauté pure, fille la plus chérie.

 

Aurais-tu oublié que c’est toi qui choisis,

De faire de notre terre, cet espace divin,

D’y cultiver le beau, les travaux de l’esprit,

En nous offrant le fruit qui mûrit en ton sein ?

 

Poséidon frappant le sol de notre terre,

Enfonça dans mon ventre son trident acéré,

Et la ville accoucha du cheval de la mer,

Qu’il offrit à nos Dieux, en séducteur rusé.

 

 

Mais la fille de Métis, nous perça de sa lance,

Et dans le trou du sol, un olivier poussa,

Le symbole de paix gagna la préférence,

Des juges qui donnèrent la ville à Athéna.

 

Depuis des millénaires, sur le rocher sacré,

Pallas répand sur nous ses rayons de sagesse,

Elle veille sur nos héros et nos rois vénérés,

Elle soutint Diomède, Thésée et Héraclès.

 

Et pourquoi te faut-il cette offrande mortelle ?

Le plus grand, le plus beau, le plus saint, le plus sage,

Toi le fils de Cronos, pourquoi es-tu cruel?

Tuer ton propre enfant, est-ce là ton courage ?

 

Pourquoi assassiner ? Pourquoi tuer un agneau ?

Cette fleur de sagesse, ce parfait initié,

Celui né par deux fois, du baptême de l’eau,

Et celui dont le feu fit naître un éveillé.

 

Socrate, j’aimais ton nom, comme j’aime ton art,

J’aimais tes paraboles, métaphores sans effet,

J’aimais tes longs discours, tes propos non bavards,

Des mots faits  pour durer, cachés sous le secret.

 

Tu avais découvert le secret d’Apollon,

Au sommet du Parnasse, la Pythie t’a parlé,

Elle t’a révélé que pour tuer le python,

Délien n’avait pour arme que le mot vérité.

 

Bien d’autres ont essayé d’obtenir un oracle,

En usant de la force, des bras de la colère,

En volant le trépied, espérant un miracle,

Héraclès lui-même, eut un sort de misère.

 

Chacun cherche l’Omphale et croit l’avoir trouvé,

Mais le centre est partout, et la sphère nulle part,

Car le nombril du monde, le point le plus sacré,

Habite tous les hommes qui travaillent pour l’art.

 

Mon maître vénéré a toujours détesté,

Les exploits superflus, les travaux d’Eurysthée,

La gloire et la passion furent par lui dédaignées,

Il aimait la raison, il en fut condamné.

 

La vie est labyrinthe qui perd les plus hardis,

La vie est un mystère qu’on ne peut traverser,

Sans suivre un fil d’Ariane, le guide de l’esprit.

Puisse la fille de Minos toujours nous éclairer.

 

Car Thésée ne fut grand que lorsqu’il devint sage,

Et quand le sort funeste tomba sur le héros.

Tuer son ennemi n’est pas le vrai courage,

La bravoure est plus belle quand on meurt à Scyros.

 

Socrate, mon seigneur , entends-tu ma douleur ?

Tu nous laisses aujourd’hui orphelins de nous-mêmes,

Je  ne peux que gémir, laisser couler mes pleurs,

Hurler à l’injustice, dénoncer le blasphème.

 

Pourquoi recherche-t-on  très loin ce qui est là ?

Pourquoi toujours la quête de cet or inutile ?

Et pourquoi cette course vers l’horizon là-bas,

Alors que la grandeur se refuse au futile.

 

Jason le grand héros, y trouva le trépas.

Pour conquérir un trône et l’or de la toison,

Il séduisit Médée, trop vite l’oublia,

Et c’est pour se venger qu’elle tua les fils D’Aéson.

 

Toi la fille d’Héra, pourquoi protèges-tu,

Ce héros orgueilleux, ces guerriers insolents,

Et pourquoi ignorer l’honneur et la vertu,

De cet homme superbe qui refusa l’encens.

 

Où est donc ta justice ? Quel est donc ton projet ?

Toi le fils de Rhéa, grand Xénios réponds-moi,

Pourquoi cette ignorance et pourquoi ce rejet ?

Du père de la raison, de la nouvelle loi.

 

Près du portique d’Attale, vainement j’ai cherché,

Les traces de mon maître, les marques de ses pas.

Il ne reste plus rien dans l’allée désertée,

Que l’ombre de ses mots sous le ciel d’Agora.

 

L’Acropole suspendue domine ce jardin.

Orgueilleux Parthénon, tu fais lever les yeux.

Aux athéniens qui doutent parfois de leur destin,

La statue Palladia leur rappelle les Dieux.

 

Quand mon regard se tourne, je vois le majestueux,

Le temple de Vulcain, qui veille avec bonheur,

Sur les enfants d’Égée, ces fils bénis des cieux,

Sur la terre d’élite, terre aujourd’hui qui pleure.

 

Oh maîtres de l’olympe ! Nous avons sacrifié,

Pour la mort d’Androgée, sept filles et sept garçons,

Le Minotaure tué, par notre grand Thésée,

Vous nous aviez promis la paix et le pardon.

 

Il n’était pas besoin de réclamer la mort,

De mon maître adoré, sacrifice bien vain,

Thémis doit condamner un trop injuste sort,

C’est mon père qu’on a tué, un prophète et un saint.

 

Pardonnez mes offenses, mais je perds la raison,

J’ai oublié mon nom depuis que l’on m’a pris,

La moitié de moi-même, mon très cher compagnon,

Laissez-moi me noyer dans le fleuve Achenon.

 

Oh muses ! Éclairez-moi, Euterpe soutiens-moi,

Comme tu fis pour Homère. Habille ma douleur,

Transcende mon chagrin, et réveille ma foi,

Terpsichore, Polymnie, redevenez mes sœurs.

 

Athéna, Artémis, Zeus et Héphaïstos,

Je viens d’apercevoir cette grande lumière,

Socrate n’est pas mort, il vit dans le cosmos,

Sa parole est gravée dans le cœur de la pierre.

 

Arès et Dionysos, Aphrodite et Hermès,

Dans vos temples sacrés, les maîtres ne meurent pas,

Les roses de sagesse refleuriront sans cesse,

Sur le tombeau des sages au-delà du trépas.

 

J’ai trouvé dans les pierres, une branche d’acacia,

Tout près de trois colonnes d’un vieux temple inconnu,

Des hommes d’un autre temps prient encore toujours là,

Cultivant le silence comme une vraie vertu.

 

Le grand secret n’est pas caché dans le tombeau,

Il faut aller puiser au plus profond de soi,

Dans le puits de son âme, pour y trouver le beau,

Et libérer l’esclave et le proclamer roi.

 

Cette source de vie, Héra l’avait trouvée,

Dans l’eau de Canathos où à chaque saison,

Elle offrait son corps nu, innocente Junon,

Afin de recouvrer, l’entière virginité.

 

Car l’âme est toujours pure, quand on cherche la voie,

Qu’on cultive le doute, tout en s’émerveillant,

Qu’on accepte de prendre le regard et la voix,

De l’homme le plus doux, du plus petit enfant.

 

Chaque homme au fond de lui est porteur d’un Hadès,

Et il faut y plonger sans la peur de s’y perdre,

Pour aller s’abreuver au lait de la sagesse,

Et y prendre la force, la majesté d’un cèdre.

 

Ce n’est pas le serpent qui tua Eurydice,

Mais le regard d’Orphée regrettant le passé.

L’envie, la nostalgie, sont de grand précipices,

Mélodies meurtrières, lyres ensorcelées.

 

Le fils de Clyménée, œuvre de Phaéton,

Se laissa prendre au piège de la fausse lumière,

Et dans sa course folle, plongea dans le grand fond,

Zeus l’ayant foudroyé, il s’écroula sur terre.

 

La vraie lumière n’est pas celle qui éblouit,

Ni l’éclair aveuglant, éphémère lueur,

La véritable flamme, celle qui resplendit,

Est en chaque être humain au plus profond du cœur.

 

 

 

Les perles de lumière sont parfois trop brûlantes,

Icare qui l’ignora, consuma son voilage,

Dédale offrit le sien, priant et espérant,

Qu’Apollon veuille bien accepter cet hommage.

 

Pour pourvoir s’élever, est-il bien nécessaire,

De rechercher l’Olympe, en courrouçant les Dieux ?

Belléphoron se crut le seul maître de l’air

Quand son cheval Pégase le guidait vers les cieux.

 

 

Comme Icare et Dédale, il chuta lourdement,

Pour avoir chevauché les grands monts de l’orgueil.

L’homme pour s’élever a besoin, simplement,

De se mettre debout, pour atteindre son seuil.

 

 

Oh ! Persée fils de Zeus, de l’esclave Danaé,

Toi qui sus refuser l’héritage d’Argos,

De Gorgone Méduse, tu avais triomphé,

Pourtant tu dédaignas le trône d’Acrisios.

 

Héphaïstos gagna sa grandeur en forgeant,

Avec humilité, l’or, l’argent et l’airain,

La frivole Aphrodite, avec tous ses amants,

Ne pût pas l’empêcher d’accomplir son destin.

 

L’homme n’a pas à rougir d’œuvrer modestement,

Tous les travaux sont nobles et méritent l’éloge,

Il suffit qu’ils soient faits fort amoureusement,

Pour que les Dieux lui posent sur la tête la toge.

 

 

La déesse pudique avait choisi la terre,

Qu’elle voulait fertile, belle et très généreuse,

Poséidon et Zeus, contre elle, l’ensemencèrent,

Et elle en devint mère, la douce Déméter.

 

Les flambeaux allumés, elle chercha Kora,

Prise dans les entrailles de son époux Hadès,

La lumière lui vint d’Hélios qui l’éclaira,

Perséphone apparut sur les ailes d’Hermès.

 

Oh ! Ma chère déesse, reine du grand mystère,

Dis-moi le grand secret, celui des initiés,

Parle-moi du vrai rite, ma tendre Déméter,

Des passions d’Eleusis où l’âme est retrouvée.

 

 

Personne ne répond, inutile prière,

Car les mystes ne peuvent être dites aux profanes,

Qui ne savent tailler le cœur de cette pierre,

Ni bien la dégrossir, pour la rendre plus plane.

 

Cérès nous appris au tout premier degré,

Que le voyage est long dans le grand souterrain,

Qu’il faut savoir plonger avec lucidité,

Pour que l’âme soit conduite en bonne et juste fin.

 

Que l’œil du grand cyclope éclaire notre route,

Qu’il nous aide à mieux voir  notre vraie dualité,

Le noir comme le blanc, l’orgueil comme le doute,

Qu’il soit au cœur des hommes, chercheurs de vérité.

 

 

 

 

Marie-Jeanne

 

 

Corps blanc de lait, de duvet doux,

Corps souple et chaud et corps d’enfant

Mais qui se pense en rêves fous,

Corps de sagesse cachée dedans.

 

J’ai bien souvent voulu ce corps,

Image pieuse de madone,

Tout de prudence du dehors,

Qui ne se prend, ni ne se donne.

 

Femme accomplie et qui rassure,

Qui freine les chaudes ardeurs,

Femme qu’on aime comme une mère

Qui sait recevoir nos douleurs.

 

Mais femme aussi qui se consume

D’un feu brûlant de l’intérieur,

Femme secrète dont les yeux fument

De désirs prisonniers qui pleurent.

 

Femme fleur  encore  bouton,

Les  pétales étouffent ton cœur.

Femme enfermée dans sa prison

Tu souhaites vivre toutes tes heures.

 

Car femme aussi sans sa pudeur

Qui brûle au feu de ses envies,

Femme prêtresse du bonheur,

Qui cache son feu dans l’ennui.

 

La nuit quand ton masque est perdu,

Tu redeviens la Diane folle

Qui court les plaisirs défendus

Et qui rend bien ce qu’on te vole.

 

Sans honte et même sans morale

Tu sais provoquer nos sens,

Tu te repais, toi corps d’opale

De pauvres hontes sans défense.

 

L’esclave

 

Le dos courbé, les reins battus,

L’homme voûté n’avance pas,

Les yeux sont vides, le regard nu,

Trop épuisé, le corps trop las.

 

Les coups s’abattent sur son dos,

Pour lui faire lever le genou,

Mais le fouet qui frappe ses os

Ne peut le remettre debout.

 

Pourtant dans un dernier effort,

L’homme fait encore quelques pas,

Des pas très lents, ds e pas de mort,

Gestes juste avant le trépas.

 

Soudain sur le sol, il s’effondre,

Trahi par ses jambes usées,

Le corps vaincu ne peut répondre,

A cette dernière  volonté.

 

Lentement, la tête se redresse,

Et se tend vers l’Olympe accusé,

Pourquoi donner la vie traîtresse,

Si c’est pour mourir enchaîné ?

 

 

Cœurs glacés

 

II fait froid ce matin,

Un homme gelé dort,

Il fait froid ce matin,

L’homme raidi est mort.

 

Il fait froid ce matin,

J’ai un petit frisson,

Il fait froid ce matin,

Dedans, il faisait bon.

 

Il fait froid ce matin,

Le gel durcit les corps,

Il fait froid ce matin,

Un homme est mort dehors.

 

Il fait froid ce matin,

J’ai mes bottes fourrées,

Il fait froid ce matin,

Sous mon vison doré.

 

Il fait froid ce matin,

L’homme a les doigts tendus,

Je poursuis mon chemin,

Mes yeux ne l’ont pas vu.

 

Il fait froid ce matin,

Les regards sont pressés,

Chacun suit son destin,

Et les cœurs sont glacés.

 

 

 

 

L’homme jeté

 

Replié sur lui-même, la tête dans les mains,

L’homme  paralysé, au regard vide et gris,

Ne voit rien, ni les gens, ni les trains, ni demain.

Les jours ne comptent plus,  le temps est en sursis.

 

Sur le quai du métro, pas de matin, ni soir

Il n’y a plus de jour, il n’y a pas de nuit,

Il n’y a que le noir qui remplace le noir,

Des moments de silence et des moments de bruit.

 

Les rames  d’immigrés, c’est un jour qui commence,

Les hommes cravatés, le début du matin,

Les enfants agités quand  la journée s’avance

Et les derniers paumés pour signaler la fin.

 

Le temps qui compte encore pour ces hommes délaissés,

C’est celui du repos et celui de l’éveil,

Intervalle de vie morne et de mort  annoncée,

Vie sordide en suspend, période de sommeil.

 

Ces hommes sont parenthèses, entre trépas et vie,

Des outils fatigués qui sont inadaptés,

Objets qu’il faut jeter quand ils ont trop servi,

Des hontes, des images, symboles de société.

 

Vosges sanglantes

 

 

Les cieux ont perdu leur couleur,

Les arbres nus et mutilés,

Tous les oiseaux sont morts de peur

La terre est un ventre percé.

 

Dans la plaine, un chêne orgueilleux,

Tend son tronc gris et calciné,

Ses branches noircies par le feu,

Sa tête gît à terre, coupée.

 

Le sol est devenu stérile,

Brûlé par la pluie de mitraille,

Par les obus, les escarbilles,

L’enfer qui fouilla ses entrailles.

 

La terre a recouvert les hommes,

Des jeunes, faits pour être aimés,

Ils dorment désormais sous de dômes,

De pierres et d’oublis assemblés

 

Le sang des Vosges, un siècle après

Imbibe encore l’humus maudit,

Et parfois des gouttes rosées,

Tombe d’un sapin qui gémit.

 

 

Parfum d’ivresse

 

Silhouette furtive, je n’ai vu que ton ombre,

Tu laisses derrière  toi des bouquets  d’espérance,

Femme à peine esquissée, déesse de pénombre,

Tu obsèdes mes pensées, nourries de cette absence.

 

Il flotte  dans l’espace des idées de  corps pur,

Je dessine en ma tête des formes allusives,

Tu ressembles à mes rêves, à mes désirs impurs,

J’imagine ta bouche, ton sourire,  tes esquives.

 

Je ne sais si j’ai vu, ton visage, tes yeux,

Une trace, une énigme, pas plus qu’un mouvement,

Ce dont je me souviens, c’est cet instant  précieux,

Qui éveilla mes sens et qui crée ce tourment.

 

Ce parfum qui demeure est pire qu’une présence,

C’est comme une question qu’on ne veut pas poser,

Un espoir qu’on fait naître comme une confidence,

Un secret signalé qu’on ne peut rechercher.

 

Quand la senteur pâlit, reste le souvenir

Du mystère posé par la trace  éphémère,

Mais l’angoisse grandit de la peur de voir fuir

L’impression de l’effluve, arôme de chimère.

 

Car les ombres des femmes ont des senteurs  perverses,

Bien plus fortes  que celles  des amours consommées.

Quand nos maîtresses exhalent des essences d’amantes,

Les belles inconnues ont des parfums d’ivresse.

 

 

Sommeil brisé

 

Matin de rêve, tête de plomb,

Le corps qui flotte entre deux eaux,

Monde irréel, monde en flocon,

Terre cruelle, monde ruisseau.

 

J’étais hier dans mes idées,

Volant dans l’air de songes bleus,

J’étais hier dans mes pensées,

Apesanteur, j’étais heureux.

 

Matin glacial qui tue le songe,

Qui me renvoie à ma misère,

Matin violent qui me replonge

Dans mon état de pauvre hère.

 

Je vois la lumière d’hiver

Qui m’arrache du cocon doux,

Celui du ventre de ma mère,

J’ai peur de ce monde trop fou.

 

Je rêve de saison sans jour

De nuits, de rêves infinis,

De sommeil qui dure toujours

Je rêve en dormant que je vis.

 

 

 

Lait de neige

 

 

Le lait du ciel tombe en flocons,

Bulle légère, bulle qui vole,

Qui doute, tourne comme un coton,

Fleurs blanches qui recouvrent le sol.

 

Le manteau étouffe le bruit,

Des oiseaux aux chants suspendus.

Rien ne bouge, le pivert s’est enfui,

Dans le trou d’un chêne tordu.

 

Les brindilles au port  argenté,

Ont  très peur de troubler le froid,

De perdre leur parure posée,

Comme un bijou au bout des doigts.

 

Les grands mélèzes ont des allures

De danseuses aux bras fatigués,

La neige fait plier la ramure,

Des géants aux branches courbées.

 

 

 

 

Voile de nuit

 

La nuit, quand les ombres s’effacent,

Tout se confond en trouble gris,

Quand le soir vient, que le jour passe,

Le monde escamote ses cris.

 

Lentement, le tumulte se tait,

Les sons s’habillent de feutré,

Et l’agitation disparaît,

Les hommes sont plus apaisés.

 

Et quand l’horizon se retire,

Et que la lumière est voilée,

On peut furtivement se dire

De mots à peine chuchotés.

 

La nuit refuge protecteur,

Moelleux cocon, brillance noire,

Le temps s’étire avec lenteur,

Dans la sérénité du soir.

 

Les guerres, les luttes, les conflits,

S’estompent quand le jour est couché,

Le tumulte est presque endormi,

Quand le ciel de brun  est voilé.

 

Pourtant, la souffrance demeure,

Dans cette pénombre feutrée,

Car plus profonde est la douleur,

Par les ténèbres étouffée.

 

Nuit, temps suspendu de l’amour,

Des serments, des vaines promesses,

Des projets fous et des toujours,

Mère de l’inconsciente ivresse.

 

La nuit est un temple sacré,

Qui cache les pires passions,

C’est aussi le masque discret,

Des espérances assassinées.

 

 

Rose blessée

 

 

Rose écarlate, rose qui meurt,

Rose arrachée, fleur de chagrin,

Rose blessée, rose qui pleure,

Entre les doigts d’un assassin.

 

Les fleurs ont des âmes vivantes,

Qui cachent des amours contrariées,

Et chaque rose est une amante,

Qu’il faut conjuguer au passé.

 

Rose vermeil, rose sacrée,

Ton sang bleu coule dans mes doigts,

Rose violée, rose coupée,

Ton cœur fragile est déjà froid.

 

 

Les étangs rouges

 

 

 

Il y a quelquefois dans les vapeurs d’été

Des souvenirs qui flottent au-dessus des étangs

Il y a quelquefois dans les vapeurs d’été

Des rêves assassinés et des gouttes de sang

 

La mort est ta voisine, mélancolie du soir

Quand la douleur me ronge du souvenir de toi

La mort est ta voisine mélancolie du soir

Quand tout semble perdu, l’amour, la vie, la foi

 

Le bonheur qu’on trahit a des saveurs  ciguë

Il laisse dans la bouche de traces d’amertume

Il bonheur qu’on trahit a des saveurs ciguë

Il laisse dans la gorge, un goût d’amour posthume

 

Il y a quelquefois dans le fond des étangs

Des amours terrassées et des douleurs cachées

Il y a quelquefois dans le fond des étangs

Des souffrances interdites et des bonheurs noyés

 

Sur les eaux immobiles, des gouttes sont tombées

Lourdes comme des plombs, elles percent l’eau qui dort

Sur les eaux immobiles de gouttes sont tombées

Il pleut des larmes rouges, c’est le sang d’amour mort

 

 

Souvenir dévoreur

 

L’ombre du souvenir vient soudain réveiller

La douleur qu’on croyait à tout jamais noyée,

Coup de poignard pervers, flamme pour raviver

Un feu pourtant éteint, un amour endeuillé.

 

Le souffle du passé reprend de sa vigueur,

Il renaît sous la cendre  du brasier étouffé,

Il enflamme l’esprit et le feu dévoreur,

Consume les promesses  les plus déterminées.

 

Les passions que l’on dit  passagères ou futiles

Ne peuvent parait-il vivre plus d’un été,

Mais ce sont bien souvent ces amours inutiles

Qui tracent dans le cœur des mots  d’éternité.

 

Rompre avec l’être aimée, c’est perdre un peu la foi

Vivre entre parenthèses, se laisser dépérir,

Mais s’il me faut gommer jusqu’à l’idée de toi,

Je refuse cette absence et préfère  mourir.

 

Pourtant depuis longtemps, je croyais recouvert

Du manteau de l’oubli ces  amours insensées,

Et j’attendais serein le début de l’hiver

En déroulant ce temps, vide et dépassionné.

 

Mais soudain tu reviens pour brûler ma raison

Tu embrases mon cœur, mes sens et tout mon corps

Ma sagesse s’envole, je redeviens démon

Le passé se ranime, je me consume encore.

 

Oh traîtresse mémoire ! Pourquoi me torturer ?

Et pourquoi m’imposer ces injustes tourments,

Vous savez mieux que moi que je peux me damner

Pour  un sourire d’elle ou pour un faux serment.

 

Le tueur

 

 

Sur les pistes de neige bleue,

Une tâche teintée de sang,

Triste effet de ce coup de feu,

Sur un lièvre bien innocent.

 

Sur les sentiers de calme blanc,

Le traqueur est pris de folie,

Il s’agite comme un dément,

Tirant sur tout, au moindre bruit.

 

Sur les sentes  presque  argentées,

L’animal trace son  chemin,

Des trous noirs et des trous rosés,

Qui le conduisent à son destin.

 

La fureur coule des yeux,

Du tueur qui poursuit son ouvrage,

La bête roule dans un creux,

L’assassin  montre son courage.

 

Sur les sentiers de neige pure,

Quelques marques rouges, espacées,

Trace mortelle et geste impur,

De la force sur la beauté.

 

 

L’arche de pierre

 

 

Une belle cathare,

Hante les nuits d’hiver,

Les châteaux orgueilleux,

Entre muraille et ciel,

Une cathare noire

Témoigne de l’enfer,

Des cris, du sang, du feu

 

Rocher de Montségur

Tu pleures des larmes brunes,

C’est le sang de la pierre

Qui suinte sa douleur,

Temple de  Montségur,

Tu ne peux oublier,

Les cris, le sang, le feu

 

Arche trop oubliée,

Tu parles encore à ceux

Qui comprenne ton sens,

Vaisseau de pierre sacrée

Je sens encore tout près

Le souffle de ta foi,

Les cris, le sang, le feu.

 

Les nuits de lune blanche

Une ombre se dessine,

Mais personne, ne voit

Ce visage voilé,

Cette tunique noire

Qui veille sur les ruines

Les cris, le sang, le feu

 

Souvenir obsédants

Prisonniers de la pierre.

Gardien du grand secret,

Une cathare noire

Se cache dans les murs

Pour toujours témoigner

Des cris, du sang, du feu. Temps

 

Le  Dieu voleur de temps

 

 

Des jours qui se succèdent, des heures consumées,

Des moments oubliés, des instants disparus,

Que devient tout ce temps, a-t-il bien existé ?

Etait-ce une illusion, moment de vie perdue ?

 

Mais derrière les horloges, le voleur est caché,

Il veille sur sa proie, le maître du destin,

L’architecte assoiffé et jamais rassasié,

Avaleur de passé dont il fait son festin.

 

Car le voleur de temps, Dieu banni et déchu,

A bâti son royaume dans les terres mortelles

Et chutant de l’Olympe, démoniaque déçu,

Décompte notre temps en veilleur éternel.

 

Il pousse les aiguilles inexorablement,

Pour jeter le présent, dans le trou du passé

Il sait que l’avenir ne vivra qu’un moment

Apparente existence, aussitôt effacée.

 

Quand le futur parait, sa mort est déjà la,

Et le présent n’existe, que pour être vidé,

De sa vie, de son sens, comme un sang, aspiré

Par le vampire haineux qui prend nos au-delàs.

 

Toi, le voleur de temps, tu es là pour compter

Le présent vaniteux et porteur d’éphémère,

La seconde qui passe d’avenir en passé,

Nous dire notre état, créature chimère.

 

Le tic tac des horloges résonne comme un glas

Entre l’étroit espace, c’est la vie qu’on voit fuir,

Le vieillard malveillant du temps fait son repas

Il sait que le présent ne naît que pour mourir.

 

Oh ! Dieu voleur de temps,  écoute ma prière

Dis-moi que rien ne fuit dans ton éternité

Alchimiste divin, dévoile ton mystère

Avoue  que le  présent n’a jamais existé.

 

Le chant des peupliers

 

J’entends dans les grands peupliers

Des cris par le vent transportés

J’entends dans les grands peupliers

L’écho d’un amour étouffé

 

Vagues de vent qui vont mourir

En haut des cimes agitées

Derniers cris  qui vont se blottir

Dans les bras des arbres élancés

 

Eole quelle est cette musique ?

Symphonie pour mieux tourmenter

Fantôme de passions tragiques

Qui vient doucement expirer

 

Parfois le vent se fait  léger

Pour dire des mots chuchotés

Bise légère comme un baiser

Posée sur la ramure calmée

 

Puis tout  reprend de sa violence

Pour témoigner de la révolte

Pour dire toute la souffrance

D’amours volés et d’amours mortes

 

La bourrasque hurle  sa douleur

Dans les branches  presque pliées

Les frondaisons ont parfois peur

De ces chants trop désespérés

 

Quand la tempête fait ravage

Les cimes semblent se protéger

En se courbant au vent d’orage

Des haines qui cherchent à se venger

 

J’entends dans les grands peupliers

Des murmures qui me sont destinés

J’entends dans les grands peupliers

Les sanglots d’un amant torturé

 

Folie

La tête qui résonne comme un tambour battu

Les idées qui se mêlent, confuses et fulgurantes

De pensées écorchées dans un cerveau vaincu

Apparence d’une vie, triste et désespérante

 

Les derniers soubresauts d’un monde  végétal

Quelques mots projetés, discours répétitifs

La violence du geste, attitude bestiale

L’homme qui redevient en état primitif

 

La colère des mots, cri de bête blessée

Le souvenir de sons, référence qui fuit

L’être qui vocifère, état désespéré

Fantôme  de paroles, le mot qui se détruit

 

Les mains tendues qui tremblent qui cherchent à remplacer

La parole mutilée, la parole oubliée

Mouvement ridicule, qui voudrait ranimer

Le pantin pathétique, tout désarticulé.

 

Le regard accroché sur un point invisible

Yeux fixes et terrifiants qui n’observent plus rien

Pupilles dilatées et visage impassible

Orbites qui se creusent, masque de tragédien

 

La folie destructrice  ronge comme un cancer

L’esprit qui se rebelle, mais inutile effort

Contre le mal rampant, avant goût de l’enfer,

Qui peut tordre  les âmes et mutiler les corps

 

Les amants

 

Quand les regards des amants lisent

La peur de bientôt se  quitter

Leurs mains s’entrecroisent et se disent

De mots trop durs à prononcer

 

Ce n’est plus le temps des serments

Des élans des verbes au futur

Chacun sait bien que l’autre ment

Qu’il n’y  pas d’amour qui dure

 

Ils étaient cependant  sincères

Quand ils parlaient d’éternité

Promesse au goût pourtant amère

Car tout n’a duré qu’un été

 

Faut-il croire ce que l’on dit

La parole est-elle un poison ?

Même les mots que l’on écrit

Deviendront un jour trahison

 

Les amants aux mains enlacées

Ne parlent plus, ils savent bien

Que l’amour est  une rosée

Qui s’envole avec  le matin

 

Quand les doigts enfin se dénouent

Leurs yeux n’osent plus se croiser

Les larmes rendent déjà flou

L’amour pourtant fait pour durer

 

Libération

 

J’aurais aimé être poète

Pour sublimer tous mes tourments

Couper mes barreaux dans ma tête

Pour libérer mes sentiments

 

J’aurais aimé pouvoir écrire

Les pulsions qui sont réprimées

Afin que puissent enfin fleurir

Les fleurs de la vraie liberté

 

 

Métro

Les gens dans le métro ont des têtes bizarres

Des têtes de momie, des têtes sans couleur

Les gens dans le métro ont des têtes bizarres

Des têtes d’enterrés, des têtes de malheur

 

Les corps sont alignés, debout l’un contre l’autre

Prisonniers de ce tube, sépulture roulante

Les corps sont alignés, debout l’un contre l’autre

Dans le long souterrain d’atmosphère suintante

 

Sont-ils encore vivants ou sont-ils déjà morts ?

Sous les masques figés, n’y a-t-il plus d’espoir ?

Faut-il donc qu’ils subissent le plus  injuste sort ?

Mutilés de soleil et condamnés  au noir

 

Ballets mystérieux de têtes déplacées

S’engouffrant dans les trous qui vont vers d’autres trous

Courses de laborieux, de fourmis entassées

Agitation soudaine et mouvements de fous

 

Les corps sur d’autres corps s’empilent et se resserrent

Dans la rame qui avale des hommes à peine humains

Par milliers, par millions, chaque jour elle ingère

Sa ration d’inconnus, vomis un peu plus loin

 

Odeur chaude, odeur moite d’haleine dans le cou

Corps glauques et corps gluants qui ruissellent et qui collent

Parfum de rats crevés, vieilles senteurs de bouc,

Galeries parfumées à l’air de nécropole

 

Dans le métro bondé, de très curieux pantins

Tristes et mécaniques s’amassent sans parler

Dans le métro bondé, de très curieux pantins

Habitent les enfers d’un sinistre  terrier

 

Soir d’été

 

Soir d’été tout s’apaise, le feuillage est figé

La terre est encore chaude du soleil disparu

L’horizon se maquille de nouveaux tons rosés

Les  couleurs sont plus pales, la lumière moins crue

 

L’Hirondelle rieuse tutoie les tournesols

Elle siffle joyeusement son bonheur de planer

En traçant dans l’espace des arabesques folles

Ondulantes voltiges pour le plaisir de jouer

 

Tout redevient serein, tout redevient paisible

Une  mollesse moite pénètre aussi les corps

La langueur de la nuit s’installe sur la ville

Le tumulte s’éteint, le désordre s’endort

 

Les gestes sont plus lents, et le verbe moins fort

La douceur du soir tiède ralentit les ardeurs

On guette l’agonie de ce jour bientôt mort

On espère la nuit et son vent de fraîcheur

 

Soir d’été tout s’apaise le feuillage est figé

Le brun  du ciel se fond avec l’horizon gris

Les grands saules immobiles espèrent une risée

Et les hauts peupliers ont les cimes endormies.

 

poèmes de serge Bessay

Obscurantisme

 

Leurs lèvres étaient sucrées et leurs bouches gourmandes

Deux enfants d’aujourd’hui, deux enfants qui oublient,

Le temps d’un pur instant, les soucis de la vie

Et s’offrent un baiser comme on donne une offrande

 

Belle jeunesse danse, l’amour vous fait un signe,

Et vous somme, à grands coups de flamme et de passion,

D’apparaitre en vainqueur au tendre Cupidon

Sa flèche de cyprès, vous en êtes fort dignes

 

Collégiens innocents dans l’étreinte enfantine

Image évanescente d’un dessin de Paynet

Le temps, même le temps s’arrêta de tourner

Au loin on entendait une tendre comptine

 

Mais la pudeur veillait sous l’excuse vertueuse

Voulant laver les siens des péchés de la terre

Elle tentait d’imposer une loi mortifère

Via des obscurantistes aux prétentions odieuses

 

Sur le tableau vivant, de ce couple angélique

Ils y voyaient : Satan obscène et licencieux,

Psyché trop libertine, devant voiler ses yeux,

Cupidon dépravé, un rien ithyphallique

 

Les geôles enfermeront les enfants de l’Amour

Et le printemps arabe est devenu hiver.

Où êtes-vous, Prophètes, Oracles et Dieux divers

Aux prières des ouailles, vous semblez rester sourds

 

Pourquoi faut il, mes Dieux, punir ces collégiens

Qui offrent au monde entier un baiser délicieux,

Un baiser de jeunesse, un baiser merveilleux,

Qui s’oppose à la haine : le mal contre le bien

 

 

L’injuste déchirure

 

Je te sais dormant là, dans ce jardin des mânes

Pourtant j’entends ta voix, je crois t’entendre rire

Mais les sanglots amers, me font soudain maudire

Cette tombe abhorrée d’où ton esprit émane

 

Présent ton souvenir, habite mes pensées

Torture lancinante et toujours sans réponse

Quand je sonde le ciel, sa lumière est absconse

Les Dieux sur ton départ, sont étrangement muets

 

Je hurle ma douleur et mon deuil en silence

Devant la pierre grise et froide de ta tombe

Il me faudra réponse avant que je succombe

Tel Job, je m’armerai d’une grande patience

 

Mais ne me dites pas : c’était sa destinée

Qu’au paradis des anges, elle est la bienvenue

Que le temps passera, que la vie continue

Elle était un enfant, sa mort est erronée

 

Quand je passe l’entrée du petit cimetière

A la main une rose, au cœur une brulure

Cette pensée revient comme une déchirure

La place de ma fille n’est pas dans cette terre

 

 

 

Ministre du climat

Il était un seigneur, voulant vagabonder

Qui mandat son ministre en charge du climat

J’aime fort à flâner, lui dit il, mais voila

Je hais ce vil crachin qui ose me mouiller

 

Croyez-vous, qu’un nuage au mépris de mon rang

Aurait l’outrecuidance de gâcher ce périple

Pensez-vous au contraire, que Dieu et ses disciples

Sauront bien se tenir, en prônant le beau temps ?

 

Le ministre du ciel aux ordres du seigneur

Voulant point contrarier son maitre souverain

Lui promit chaud soleil, et ciel bleu comme écrin

Et pas de goutte d’eau, dans les prochaines heures

 

Pourtant chemin faisant, il croisa sur sa route

Un brave paysan, aux vêtements crottés

A cheval sur un âne aux oreilles baissées

Qui se permit, ce gueux, de dispenser ses doutes

 

« Sans vouloir offenser votre immense grandeur

Je vous conseillerai de faire demi-tour

Il n’est pas interdit que des nuages lourds

Se transforment en pluie et vous fassent grand tort »

 

Le seigneur faisant fi, des mots du paysan

Négligeant son avis, continuât son chemin

Se moquant, par ailleurs, des dires du gredin

Qui déniait les propos du ministre savant

 

Il n’eut pas fait cent pas, que la pluie pressentie

Du dit gredin, tomba comme pour signifier

Qu’en termes de climat, le Bon Dieu se moquait

Des pourvus, gens de peu, indigents ou nantis

 

Le seigneur eut tôt fait de convoquer le gueux

Et de lui proposer le poste du ministre

Licencié, n’ayant pu programmer ce sinistre

Qui le vit au château rentrer mouillé, crotteux

 

Seigneur, lui dit le bougre, je ne maitrise en rien

Du ciel les fantaisies, mais c’est mon Ane gris

Qui baissant les oreilles aux jours de grandes pluies

M’indique que le temps sera fort incertain

 

Convaincu du pouvoir étonnant de la bête

Il engageât Martin, équidé du Poitou

Qui coula dés ce jour un destin d’âne doux

Et baissait les oreilles à la moindre trempette

 

Puis créa une école pour perpétuer la chose

Ou l’on enseigne aux ânes et de doctes manières

La gestion d’un pays, abstraite et singulière

Les rendant érudits, mais atteints de sclérose

 

Dés lors dans le pays, en chaque ministère

Sont recrutés des gens qui sortent de l’ENA*

Diplômés, Brevetés en moult Doctorats

Qui oublient ce bon sens des hommes de la terre

*Ecole Nationale des Anes

12
oct 2014
Posté dans Non classé par gbessay à 1:03 | Pas de réponses »

 

 

Regards croisés

 

J’ai croisé ton regard un jour dans le métro, le regard de l’absence

J’ai croisé ton regard un jour  dans le métro, empli d’indifférence

J’ai perçu dans tes yeux des signes détresse, des marques de souffrance

J’ai perçu dans tes yeux des signes de détresse, comme une dissonance

 

Les regards  mieux que les mots

Parlent d’amour en silence

Les  regards mieux que les mots

Disent nos connivences

 

Un jour timidement j’ai osé t’aborder, pour percer le secret

Un jour timodemenet j’ai osé t’aborder, mais je suis resté muet

J’ai bien cru déceler dans ton œil un éclair, lumière très furtive

Jai bien cru déceler dans ton œil un éclair, impression fugitive

 

(Refrain)

 

J’ai croisé ton regard un jour dans le métro, le regard de l’absence

J’ai croisé ton regard dans le métro, empli d’indifférence

Plusieurs années après j’ai reçu un billet, avec seulement ces mots :

« Je dois vous remercier d’être resté discret, les bavards sont des sots »

10
oct 2014
Posté dans Non classé par gbessay à 11:16 | Pas de réponses »

Histoire de rose

 J’ai connu la rose en bouton

Ses fantasmes, ses folles espérances

J’ai partagé ses abandons

Ses fureurs, ses désespérances

 

Plus tard cette fleur épanouie

Pétales gonflés sans retenue

Etalait avec perfidie

Son parfum de rose dévêtue

 

J’ai reçu ses plus beaux moments

L’arôme de sa maturité

Je l’ai aimé passionnément

Jusqu’à la fin de son été

 

Elle rendit fou plusieurs poètes

Fit perdre plusieurs chevaliers

Pour elle mourut un homme honnête

C’ était un pauvre jardinier

 

Quand j’ai cueilli la fleur maudite,

C’était en pleine floraison

Elle rayonnait, rose interdite

Et  elle devint fleur de passion

8
oct 2014
Posté dans Non classé par gbessay à 11:42 | Pas de réponses »

 

 

Le poème à deux sous

 

Un poète affamé survivait de son art

En vendant des bouquets de vers bien ciselés

Mais les badauds incultes le fuyaient du regard

Le prenant pour un sot, un homme dérangé

 

Dans la rue, il criait qui veut mes jolis mots

Je vous vends pour deux sous mon plus joli quatrain

Pour cinq sous, je vous donne aussi ce très bot lot

Douze couplets fleuris et mon plus beau refrain

 

Donnez-moi s’il vous plait deux sous et je vous fais

Le plus grand compliment pour celle tant aimée

Celle que vous chérissez et qui pourtant se tait

Car elle attend de vous des mots mieux assemblés

 

Dites-moi vos tourments et je vous trousserai

Ce billet qui pourra enfin ouvrir le cœur

De la belle espérée celle qui aimerait

Vous entendre chanter l’attente du bonheur

 

Mais le marchand vers ne vendait pas souvent

Epuisé il mourut au bord d’un caniveau

Dans ses doigts il serrait cette rime testament

« Qu’on jette ce dernier vers par dessus mon tombeau »

5
oct 2014
Posté dans Non classé par gbessay à 5:17 | Pas de réponses »

 

 

Première Rencontre

 

Quand rien n’est encore dit  et que rien n’est écrit

Quand on peut espérer,  quand on peut renoncer

Quand rien n’est interdit, quand   l’émotion revit

On peut toujours penser que tout peut arriver

.

Quand la flamme  de l’ espoir  reprend de sa vigueur

Qu’on peut encore dire non ou se laisser aimer

Quand rien n’est interdit, même l’envie du bonheur

On peut toujours penser que tout peut arriver

 

Quand on peut espérer,  quand on peut renoncer

On peut toujours penser que tout peut arriver

Quand on peut espérer,  quand on peut renoncer

On peut toujours penser que tout peut arriver

 

Curieux moment de doute qu’on voudrait faire durer

Promesse d’un futur qui n’est pas contredit

Attente délicieuse qu’on voudrait perpétuer

Envie de croire encore à une nouvelle vie.

 

Une voix,  un regard impression insolite

Un effluve un arôme des yeux qui se tutoient

Le désir qui s’installe de manière implicite

Des sentiments très troubles,  soudain l’envie de toi.

 

Quand on peut espérer,  quand on peut renoncer

On peut toujours penser que tout peut arriver

Quand on peut espérer,  quand on peut renoncer

On peut toujours penser que tout peut arriver

2
oct 2014
Posté dans Non classé par gbessay à 6:23 | Pas de réponses »

 

 

Rêves de couleurs

 

J’ai rêvé ce matin de couleurs très nouvelles

J’ai vu des roses vertes, des sapins vermillon

Des coquelicots bleus, des pommiers aquarelle

Des nymphéas violets, des hortensias citron

 

J’ai trouvé dans les prés des teintes imprévues

De pâquerettes rouges et des bleuets rosés

J’ai découvert des fleurs entièrement dévêtues

Leur robe de pétales par le vent dispersées

 

Le ciel est mordoré et l’herbe est outremer

Les rayons du soleil ont des teintes bleuies

J’ai changé tous les tons pour un autre univers

Je rêve d’un autre monde aux couleurs d’harmonie

 

J’ai contemplé les trèfles aux couleurs magenta

Des saules tricolores et de chênes orangés

J’ai vu rougir des lys flattés par un lilas

Qui leur faisait la cour espérant un baiser

 

J’ai aimé les grands saules aux larmes violacées

Les oliviers turquoise, les boutons d’or carmin

Les peupliers qui chantent pour les tendres pensées

La marguerite nacrée, le jaune romarin

 

 

2
oct 2014
Posté dans Non classé par gbessay à 5:17 | Pas de réponses »

Le poème à deux sous

 

Un poète affamé survivait de son art

En vendant des bouquets de vers bien ciselés

Mais les badauds incultes le fuyaient du regard

Le prenant pour un sot, un homme dérangé

 

Dans la rue, il criait qui veut mes jolis mots

Je vous vends pour deux sous mon plus joli quatrain

Pour cinq sous, je vous donne aussi ce très bot lot

Douze couplets fleuris et mon plus beau refrain

 

Donnez-moi s’il vous plait deux sous et je vous fais

Le plus grand compliment pour celle tant aimée

Celle que vous chérissez et qui pourtant se tait

Car elle attend de vous des mots mieux assemblés

 

Dites-moi vos tourments et je vous trousserai

Ce billet qui pourra enfin ouvrir le cœur

De la belle espérée celle qui aimerait

Vous entendre chanter l’attente du bonheur

 

Mais le marchand vers ne vendait pas souvent

Epuisé il mourut au bord d’un caniveau

Dans ses doigts il serrait cette rime testament

« Qu’on jette ce dernier vers par dessus mon tombeau »

23
jan 2013

Je  t’aimerai quand même

  • Oui je t’aimerai quand même
  • Quand tu seras loin là-bas
  • oui, je t’aimerai quand même
  • La distance ne compte pas
  • Tu peux partir loin d’ici
  • Essayer de m’oublier
  • Tu peux refaire ta vie
  • Le passé ne peut se tuer
  • Ton  corps gravé sur mon corps
  • Ne pourra être effacé
  • E je sens toujours encore
  • Tes mains qui m’ont caressé
  • Mon souvenir te suivra
  • Bien plus loin que l’horizon
  • Et partout où tu iras
  • Mes pensées te rejoindront
  • Tu sentiras toute ta vie
  • Le feu brulant de regrets
  • J’irai hanter toutes les nuits
  • Tes rêves les plus secrets
  • Tu peux m’maudire si tu veux
  • M’ensevelir dans l’oubli
  • Jeter mon corps dans le feu
  • Mon cœur sera toujours soumis
  •  
  • S’il faut, je veux bien mourir
  • T’entendre encore prononcer
  • Mon prénom dans un  soupir
  • Quand l’amour te fait pleurer
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23
jan 2013
Posté dans Non classé par gbessay à 5:33 | Pas de réponses »
  • De rime en rime
  • De rime en rime, de mot en mot
  • J’ai retracé notre chemin
  • De rime en rime, de mot en mot
  • J’ai parcouru notre jardin
  • De mal en mal, de pleurs en pleurs
  • J’ai répandu tout mon chagrin
  • De larme en en larme, et d’heure en heure
  • Je me rapproche de la fin
  • De souvenir en souvenir
  • J’ai suivi les pas d’un amour
  • De déplaisir en déplaisir
  • J’ai trop espéré ton retour
  • Et d’espérance en espérance
  • J’ai réinventé notre vie
  • De tolérance en tolérance
  • Je crois que tu n’es pas partie
  • De rime en rime, de mot en mot
  • Je t’aurai aimé par deux fois
  • De rime en rime, de mot en mot
  • J’ai aussi souffert par deux fois
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23
jan 2013
Posté dans Non classé par gbessay à 5:29 | Pas de réponses »
  • Dès le matin, je bois
  • Dès le matin, je bois pour oublier la nuit
  • Les terreurs, les angoisses et cette solitude
  • Le jour rapidement se teinte alors en gris
  • Je me vautre à nouveau dans mes tristes habitudes
  • L’après midi, je bois en attendant le soir
  • J’égrène le chapelet de mes bars habituels
  • Sans que je dise un mot, le patron sert à boire
  • Traverser les cafés devient comme un rituel
  • Dès que j’entre au bistrot, le patron sert un verre
  • Que j’avale en silence  sans me faire remarquer
  • Je me dis que peut-être personne n’a découvert
  • L’ivrogne que je suis et où je suis tombé
  • Quand le soleil consent enfin à se coucher
  • J’ai comme l’impression d’être un peu libéré
  • Maintenant, si je bois c’est pour enfin fêter
  • L’ivresse que j’attends, ma compagne préférée
  • Désormais c’est l’enfer et les verres s’additionnent
  • Je n’ai plus de pudeur, ni de honte non plus
  • Je parle, je vocifère, je chante, je déconne
  • J’ai retrouvé ma peau de pochard disparu
  • Dans le dernier bistrot qui reste encore ouvert
  • Le patron me fait signe que la fête s’achève
  • J’insiste encore un peu mais c‘est le dernier verre
  • Et c’est sur le trottoir que se finit mon rêve

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